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LA FRANCE ET L’ALLEMAGNE FACE AUX CRISES DES ANNEES TRENTE

 

 

I. UNE EUROPE DESTABILISEE PAR LA CRISE DE 1929

 

Les conséquences de la crise en Europe. Le 24 octobre 1929 (qualifié de « Jeudi noir »), la prospérité (= richesse) cesse brutalement dans les pays industrialisés avec l’effondrement (= le krach) des cours à Wall-Street, la Bourse de New-York.

 

Bourse : lieu où l’on achète et vend des actions (parts du capital d’une entreprise).

 

Bientôt l’Europe est touchée lorsque les Etats-Unis rapatrient leurs capitaux et réduisent leurs importations de marchandises. Tous les secteurs sont frappés. Le chômage et la paupérisation augmentent.

 

Paupérisation : appauvrissement continu d’une population.

 

La tentation totalitaire. Les remèdes à la crise changent suivant les Etats mais partout la colère des populations monte et la démocratie est contestée. Les fascistes de Mussolini en Italie (à partir de 1922), puis les nazis d’Adolf Hitler en Allemagne (à partir de 1933), mettent en place des régimes totalitaires. L’Espagne, d’abord déchirée par une guerre civile (1936-1938), bascule à son tour dans le camp des dictatures sous le général Franco. Le Royaume-Uni et la France restent en revanche attachés à la démocratie dans les années trente.

 

Fascistes : partisans de Mussolini en Italie dans l’Entre-deux Guerres (1919-1939) et la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Les fascistes sont des militants d’extrême-droite farouchement hostiles à la démocratie.

 

Nazis : membres du Parti National Socialiste Allemand (le NSDAP), parti d’extrême droite que dirige Adolf Hitler durant l’Entre-deux Guerres (1919-1939) et la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Les nazis sont totalement hostiles au régime parlementaire et à la démocratie.

 

 

II. LA FRANCE DANS L’ENTRE-DEUX GUERRES (1919-1939) :

 

La vie politique française. Après la fin de la Première Guerre mondiale, la France conserve son régime parlementaire (la IIIe République). Droite et Gauche s’opposent. En 1920, au Congrès de Tours, d’anciens membres de la SFIO fondent le Parti communiste français.

 

SFIO : Section Française de l’Internationale Ouvrière. La SFIO rassemble les socialistes français. C’est « l’ancêtre » du Parti socialiste actuel.

 

La montée en puissance de l’extrême droite. Au début des années trente, les ligues d’extrême droite tentent de profiter du mécontentement et de la misère des gens. Ils s’attaquent au régime parlementaire et dénoncent les scandales politiques (affaire Stavisky). L’instabilité ministérielle s’installe.

 

Ligues : en France, dans l’Entre-deux Guerres, organisations d’extrême droite (Action française, Croix de Feu…) hostiles au régime parlementaire et à la République en général.

 

Affaire Stavisky : scandale financier qui implique un escroc ayant bénéficié du soutien de quelques hommes politiques et dont la mort brutale paraît suspecte.

 

 

La formation du Front populaire. Le 6 février 1934, la manifestation qu’elles organisent à Paris devant la Chambre des députés dégénère en une violente émeute. Par crainte de voir les ligues parvenir au pouvoir, les partis de gauche (socialistes et communistes) et les radicaux (parti du Centre) s’allient à l’intérieur du « Front populaire ». Léon Blum devient Président du Conseil après la victoire du Front populaire aux élections législatives.

 

Front populaire : nom donné à l’alliance des partis de Gauche (SFIO et Parti communiste) et du Parti radical. Le Front populaire dirige la France de 1936 à 1938.

 

Les conquêtes sociales. Après une vague de grèves et d’occupation d’usines en France, les « Accords Matignon » sont signés le 7 juin 1936. Ils prévoient, entre autres, les premiers congés payés, la semaine de 40 heures de travail, des conventions collectives par secteur d’activité…

 

Conventions collectives : accords signés entre les représentants du patronat et ceux des salariés, par branche d’activité (l’automobile, le textile, la sidérurgie…).

 

L’éclatement. Divisés, entre autres à cause de la guerre d’Espagne, l’expérience du Front populaire ne dure pas. Mais le principal problème est désormais ailleurs : par peur d’une nouvelle guerre avec l’Allemagne, Français et Anglais cèdent devant les exigences allemandes et signent les « Accords de Munich » (septembre 1938).

Accords de Munich : accord qui permet à l'Allemagne d'annexer (récupérer) les Sudètes (communes situées en Tchécoslovaquie peuplées d'une forte minorité allemande).

 

III. LE TOTALITARISME NAZI EN ALLEMAGNE (1933-1939) :

 

 

Une république fragile. A peine proclamée à Weimar, la jeune république allemande doit mater l’insurrection spartakiste (= communiste) début 1919. Dans les années vingt, c’est l’extrême droite qui tente de prendre le pouvoir en organisant des tentatives de coup d’Etat (exemple : celui manqué par Adolf Hitler à Munich en 1923 qui lui vaut quelques mois de prison pendant lesquels il rédige « Mein Kampf », « Mon combat », ouvrage dans lequel il expose sa doctrine).

 

Les nazis au pouvoir. Début des années trente, la crise frappe durement l’Allemagne : les difficultés font le jeu de l’extrême droite qui progresse aux élections. Le 30 janvier 1933, Hindenburg, président de la République, nomme Hitler au poste de chancelier.

 

L’Etat devient totalitaire. L’incendie du Reichstag (le Parlement) sert de prétexte aux nazis pour interdire le parti communiste allemand accusé d’en être responsable. Les autres partis politiques sont bientôt concernés. Des ouvrages sont censurés et parfois brûlés en public lors d’autodafés. Des opposants et des Juifs sont déjà envoyés dans des camps de concentration. La propagande et l’embrigadement des enfants dans les « Jeunesses hitlériennes », « Hitlerjugend » en allemand (dès 8 ans), permettent aux nazis d’imposer leurs idées. En 1934, lors de la « Nuit des Longs Couteaux », Hitler fait assassiner plusieurs chefs politiques au sein même du parti nazi. Il prend également le titre de führer (« le guide » ou « le chef ») et cumule les pleins pouvoirs (ceux de chef de l’Etat et ceux de chef du gouvernement). Les S.S. et la Gestapo sont chargés de traquer les opposants. Un culte de la personnalité se développe. La démocratie est morte en Allemagne.

 

Autodafé : rassemblement de la population au cours duquel on brûle les ouvrages jugés dangereux.

 

 

Camp de concentration : camp où l’on enferme tous les opposants au nazisme.

 

S.S. : troupes de la garde personnelle du führer Adolf Hitler.

 

Gestapo : police politique des nazis, en Allemagne, dans les années trente et la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), chargée de traquer les opposants.

 

 

L’idéologie nazie est raciste et antisémite. Les nazis affirment que la race aryenne est « supérieure aux autres ». Ils s’en prennent aux Juifs considérés comme « une race impure ». Les magasins juifs sont boycottés, parfois saccagés… En 1935, les lois de Nuremberg portent atteinte à leurs droits civiques. Le port de l’étoile jaune devient obligatoire pour tous les Juifs. D’autres populations, tels les tziganes, ou les aliénés mentaux souffrent de mesures discriminatoires. En 1938, la « Nuit de Cristal », marque une étape supplémentaire dans la violence des nazis à l’égard des Juifs.

 

Race aryenne : selon les nazis, désigne la race « des seigneurs », c’est-à-dire une race prétendument supérieure aux autres.

 

Antisémitisme : haine des Juifs.

 

Boycott : s’abstenir de faire quelque chose (comme par exemple s’abstenir d’acheter certaines marchandises).

 

Mesures discriminatoires : ensemble de pratiques injustes qui établissent des différences entre des groupes de personnes ou des individus.

 

 

Une idéologie pangermaniste. Hitler entend rassembler à l’intérieur d’un même Etat, qualifié de IIIe Reich, tous les peuples de langue allemande (c’est le pangermanisme). Cette ambition l’amène à faire de l’Allemagne un Etat impérialiste.

 

 

 

Personnages clés :

 

 

Blum (Léon) : socialiste français, devient président du Conseil en 1936 durant l’expérience du Front populaire, fait voter les grandes lois sociales.

 

Franco (Francisco) : dictateur espagnol, chef des franquistes, ses partisans, il remporte la guerre civile espagnole (1936-1938) et s’installe au pouvoir jusqu’à sa mort en 1975.

 

Hitler (Adolf) : après la Première Guerre mondiale, Hitler dirige le parti nazi (NSDAP). En 1923, il participe à une tentative manquée de putsh (coup d’Etat) à Munich. Condamné à la prison, il y rédige « Mein Kampf » ouvrage dans lequel il expose ses théories racistes et antisémites. Il y présente aussi ses projets d’expansion pour l’Allemagne et son hostilité à la démocratie. En janvier 1933, Hitler est nommé chancelier. Dès lors, il fait de l’Allemagne un Etat totalitaire, nationaliste et impérialiste. Il se suicide en avril 1945 après avoir conduit son pays à la guerre et à la défaite militaire.

 

Mussolini (Benito) : dictateur italien, chef du Parti national fasciste au lendemain de la Première Guerre mondiale. Parvenu au pouvoir en 1922, après la « Marche sur Rome », il y reste jusqu’à sa mort en 1945, peu avant la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

 

 

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